Les immatriculations de véhicules électriques en France progressent chaque année, et les parkings d’immeubles de bureaux concentrent une pression croissante. Depuis le 1er janvier 2025, tout bâtiment non résidentiel doté d’un parking de plus de 20 emplacements doit disposer d’au moins une borne de recharge par tranche de 20 places. Pour les gestionnaires de patrimoine tertiaire, c’est une mise en conformité immédiate qui se joue, avec des implications techniques et financières concrètes.
Solarisation et IRVE sur un même parking de bureaux : le double calendrier réglementaire
Les obligations de bornes de recharge pour les parkings tertiaires ne fonctionnent pas en vase clos. La loi Climat et Résilience, complétée par la loi APER, impose qu’à partir du 1er juillet 2026, les grands parkings extérieurs non concédés de plus de 10 000 m² soient ombragés à 50 % minimum par des ombrières photovoltaïques. Cette contrainte s’ajoute à l’obligation IRVE et modifie la stratégie énergétique globale du site.
Concrètement, un gestionnaire qui prévoit ses bornes de recharge sans intégrer le volet solarisation risque de devoir reprendre l’ensemble du dimensionnement électrique quelques mois plus tard. Les deux chantiers partagent le même point de raccordement, les mêmes chemins de câbles, parfois le même tableau général basse tension.
Pour les sites concernés, l’option la plus rationnelle consiste à mener un audit unique couvrant les deux obligations. Le pré-câblage des emplacements IRVE et le raccordement des ombrières peuvent alors être conçus sur une même architecture, ce qui réduit les coûts de génie civil. Les entreprises qui envisagent de louer une borne de recharge plutôt que d’investir directement gagnent en flexibilité, car le dimensionnement peut évoluer à mesure que la production solaire du site se précise.

Dimensionnement électrique des bornes en immeuble de bureaux : les écarts qui coûtent cher
Le choix de la puissance des bornes conditionne tout le projet. Deux immeubles de bureaux de taille comparable, avec des profils d’occupation différents, n’ont pas du tout les mêmes besoins.
| Critère | Parking salariés (stationnement longue durée) | Parking visiteurs / rotation rapide |
|---|---|---|
| Durée moyenne de stationnement | 7 à 9 heures | 1 à 3 heures |
| Puissance utile par point de charge | 7 kW à 11 kW (charge lente suffisante) | 22 kW à 50 kW (charge accélérée nécessaire) |
| Impact sur l’appel de puissance du bâtiment | Modéré, lissable sur la journée | Pics concentrés sur des créneaux courts |
| Gestion dynamique de l’énergie | Recommandée (pilotage par plages horaires) | Nécessaire (délestage automatique) |
Un parking de salariés occupé toute la journée se contente de bornes à 7 kW ou 11 kW, car la batterie a le temps de se recharger pendant les heures de travail. Installer du 22 kW partout sur ce type de parking revient à surdimensionner l’infrastructure sans bénéfice réel pour les utilisateurs, tout en augmentant la facture de raccordement.
En revanche, un parking à forte rotation (visiteurs, commerciaux de passage) nécessite des puissances plus élevées. Sans gestion dynamique de la charge, les appels de puissance simultanés peuvent dépasser la capacité du transformateur existant, ce qui entraîne un renforcement de réseau dont le coût dépasse souvent celui des bornes elles-mêmes.
Pilotage intelligent et délestage
La gestion dynamique de l’énergie est le poste le plus sous-estimé d’un projet IRVE tertiaire. Un système de pilotage répartit la puissance disponible entre les bornes actives en fonction de la charge globale du bâtiment. Aux heures de pointe (climatisation l’été, chauffage l’hiver), les bornes réduisent automatiquement leur débit. Le soir, quand le bâtiment consomme peu, la recharge s’accélère.
Sans ce pilotage, la seule solution pour absorber la demande est d’augmenter la puissance souscrite auprès du gestionnaire de réseau, ce qui alourdit le budget annuel de façon permanente.
Obligation IRVE et accessibilité PMR : une contrainte souvent découverte trop tard
La réglementation impose qu’au moins un point de charge soit accessible aux personnes à mobilité réduite. Cette exigence a des conséquences directes sur le plan du parking : largeur de la place, hauteur de la borne, accès depuis la borne jusqu’à l’ascenseur ou à l’entrée du bâtiment.
Dans les parkings souterrains existants, les emplacements PMR sont rarement situés à proximité du tableau électrique. Le cheminement de câble peut donc être plus long et plus coûteux que pour les autres bornes. Identifier cette contrainte dès l’audit initial évite les mauvaises surprises en phase de chantier.
- Vérifier que l’emplacement PMR existant permet le passage d’un câble depuis le TGBT sans traverser de zone technique inaccessible
- Prévoir un dégagement latéral suffisant pour qu’un fauteuil roulant puisse accéder au connecteur de la borne
- S’assurer que la borne PMR est raccordée au même système de pilotage que les autres points de charge, pour ne pas créer un circuit isolé

Accompagnement IRVE de bout en bout pour les gestionnaires de bureaux
Déployer des bornes dans un immeuble tertiaire suppose de coordonner audit électrique, dimensionnement, conformité IRVE et maintenance dans la durée. Greenspot, installateur IRVE certifié, accompagne les entreprises et propriétaires fonciers sur l’ensemble de ces étapes, partout en France.
Sa gamme couvre des bornes de 7 kW à 300 kW, adaptées aussi bien aux parkings salariés qu’aux sites à forte rotation. Avec plus de 1 000 points de charge déjà installés, Greenspot propose visite technique, chiffrage, installation conforme et supervision post-déploiement. Pour les propriétaires fonciers, une formule sans investissement initial permet de valoriser le foncier tout en générant des revenus liés à la recharge.
La combinaison des obligations IRVE, de la solarisation des parkings et du renforcement des normes d’accessibilité PMR transforme chaque projet de bornes en un chantier d’ingénierie à part entière. Un audit unique couvrant ces trois volets reste le levier le plus efficace pour maîtriser les coûts et respecter les échéances réglementaires qui s’appliquent dès maintenant aux bâtiments tertiaires.

